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Ce matin,
je me suis réveillée
avec une idée lumineuse
: j’ai décidé
d’être mince. Mais épargnez-moi votre
approbation : je n’ai pas dit que
j’allais me mettre au régime…
Animée d’une préférence
très prononcée
pour l’état de vivante plutôt que celui
de morte, j’apporte le plus
grand soin à ma santé. Or, j’ai
l’intime conviction que les régimes,
globalement inefficaces et majoritairement contre productifs, nuisent
gravement à la santé des femmes. Mon
expérience et mes observations me
donnent en effet à penser que le lien de cause à
effet entre le régime
et la perte de poids s’apparente à une croyance,
et je préfère utiliser
mon cerveau autrement qu’en le focalisant de façon
obsessionnelle sur
un objectif incertain.
Pourtant j’ai décidé
d’être mince. L’idée me
taraudait depuis quelques
jours. A cause de l’été, je pense,
toutes (ou presque) mes amies y
allaient de leurs refrains… Culpabilisation, mauvaise humeur
voire
agressivité, autoflagellation, angoisse… Il leur
fallait absolument
perdre du poids… « Je ne me supporte plus ! Non
mais tu as vu ça ? Je
suis trop grosse ! » Oui, j’ai vu. Tu fais, vous
faites à peu près le
poids que je faisais à 14 ou 16 ans, (selon votre gabarit).
Vous n’êtes
pas grosses. Pourtant vous en êtes convaincues.
J’en ai tiré la
conclusion logique qui s’imposait : la grosseur est une vue
de
l’esprit. S’il suffit de croire qu’on est
grosse pour avoir besoin de
maigrir, il semble logique qu’il suffit de croire
qu’on est mince pour
ne pas en avoir besoin. J’ai donc
décidé que j’étais mince. Je
suis
mince. A partir d’aujourd’hui, vous voudrez bien me
considérer comme
mince. Et personne ne pourra me convaincre du contraire. |